La Fête Nationale du 25 mars
commémore le début de la Guerre d'Indépendance contre les Turcs Ottomans.
Les Grecs l'appellent Révolution Nationale / Εθνική Επανάσταση.
(Le 25 mars est aussi le jour de l'Annonciation* )
Cette fête Nationale revêt une importance primordiale, en ces temps où le peuple grec se sent profondément humilié, pris en otage, dépossédé de ses droits démocratiques, et se demande avec angoisse et désespoir s'il a encore un avenir...
La fête Nationale du 28 octobre 2011 avait été marquée par de nombreux incidents : le Président de la République Karolos Papoulias qui la célébrait à Thessalonique, avait quitté la tribune officielle en pleurs, après avoir été conspué... Les pouvoirs publics redoutent donc le dimanche 25 mars.
Traditionnellement, lors de ces fêtes, les écoliers et lycéens défilent dans toutes les villes et tous les villages de Grèce. Le nouveau Ministre de l'Education Nationale Giorgos Babiniotis a lancé un appel solennel : perturber les manifestations officielles serait outrager les Héros de 1821. Mais beaucoup disent que ce sont les politiques qui les outragent, eux qui "ont vendu" la Grèce à la Troïka...
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Photo : Γιάννης Ιακωβίδης
En contrebas du temple de Poséidon, les buissons d' "aspalathi", sortes d'ajoncs ou de genêts épineux.
Le cap Sounio se trouve sur le terrotoire de la Lauréotique.
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« SUR LES GENETS «
Il était beau le Sounion ce jour-là, jour de l’Annonciation,
avec le retour du printemps.
De rares feuilles vertes sur les pierres couleur de rouille,
terre rouge et genêts
montrant, toutes prêtes, leurs grandes aiguilles
et leurs fleurs jaunes.
Au loin les antiques colonnes, cordes d’une harpe résonnant encore...
Sérénité.
- Qu’est-ce qui peut bien me faire penser au vieil Ardée ?
Un mot dans Platon, je crois, égaré dans les sillons de la mémoire ;
le nom du buisson jaune
n’a pas changé depuis ce temps.
Le soir j’ai retrouvé le passage :
« on le lia mains et pieds » nous dit-il
« on le jeta à terre, on l’écorcha
on le tira de côté, on le carda
sur les genêts épineux,
et on l’emmena, pour le précipiter dans le Tartare, en lambeaux. »
Ainsi dans le monde d’en-bas il paya ses crimes
le Pamphilien Ardée , le misérable Tyran.
31 mars 1971.
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« ΕΠΙ ΑΣΠΑΛΑΘΩΝ »
Ήταν ωραίο το Σούνιο τη μέρα εκείνη του Ευαγγελισμού
πάλι με την άνοιξη.
Λίγοστα πράσινα φύλλα γύρω στις σκουριασμένες πέτρες
το κόκκινο χώμα κι ασπάλαθοι
δείχνοντας έτοιμα τα μεγάλα τους βελόνια
και τους κίτρινους ανθούς.
Απόμερα οι αρχαίες κολόνες, χορδές μιας άρπας αντηχούν ακόμη...
Γαλήνη.
- Τι μπορεί να μου θύμισε τον Αρδιαίο εκείνον ;
Μια λέξη στον Πλάτωνα θαρρώ, χαμένη στου μυαλού τ’αυλάκια·
τ’όνομα του κίτρινου θάμνου
δεν άλλαξε από εκείνους τους καιρούς.
Το βράδυ βρήκα την περικοπή·
«τον έδεσαν χειροπόδαρα» μας λέει
«τον έριξαν χάμω και τον έγδαραν
τον έσυραν παράμερα, τον καταέσκισαν
απάνω στους αγκαθερούς ασπαλάθους
και πήγαν και τον πάταξαν στον Τάρταρον, κουρέλι.»
Έτσι στον κάτω κόσμο πλέρωσε τα κρίματά του
ο Παμφύλιος Αρδιαίος ο πανάθλιος Τύραννος.
31 του Μάρτη 1971.
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Georges Seferis / Γιώργος Σεφέρης est né à Smyrne en 1900, et il meurt à Athènes le 20 septembre 1971.
Avril 1967 – juillet 1974 : dictature des Colonels.
Ce poème, le dernier, a été écrit à la suite d’une promenade que fit Seferis au cap Sounion – la dernière – ,
en compagnie d’Anne Philippe, la veuve de Gérard Philippe.
27 août 1971 : la traduction de ce poème est publiée dans Le Monde.
Les funérailles de Seferis furent l’occasion d’une grande manifestation antifasciste à Athènes.
23 septembre : publié pour la 1ère fois dans deux quotidiens d’Athènes.
Platon, République, Livre X, 615d Le Mythe d’Er le Pamphilien : le passage qui revient à la mémoire de Seferis est le suivant :
"συμποδίσαντες χεῑράς τε καὶ πόδας καὶ κεφαλήν, καταβαλόντες καὶ ἐκδείραντες,
εἵλκον παρὰ τὴν ὁδὸν ἐκτὸς ἑπ’ἀσπαλάθων κνάπτοντες".
*Sur le 25 mars, cf sur ce blog, respectivement écrits en 2010 et 2011 : :
25 mars : Fête Nationale / Εθνική Γιορτή
25 mars : Fête Nationale / Εθνική Γιορτή
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"les antiques colonnes, cordes d’une harpe résonnant encore..."
Photo et recherche M.R.
