Premier Mai à Lavrio.
Des couronnes d'oeillets rouges
sont déposées au pied de la statue érigée sur le port
en hommage aux déportés de Makronissos et à leurs familles.
Photo M.R.
C’est en 1892 qu’eut lieu en Grèce le 1er rassemblement de Premier Mai, à l’initiative de l’Association Socialiste de Stavros Kallergis, et, toujours à l’initiative de Kallergis, c'est le dimanche 2 Mai 1893 que fut organisée la 1ére Fête du Travail / η Εργατική Πρωτομαγιά au stade Panathinaïkos d'Athènes : elle rassembla 2000 participants qui réclamaient le repos du dimanche, la journée de 8 heures, et une couverture par l’Etat des accidents du travail.
En 1894, il y eut encore plus de manifestants, mettant toujours en avant les mêmes revendications. S’ensuivirent des arrestations.... Le rassemblement du 1er Mai fut donc interdit et il faut attendre 1911 pour voir une nouvelle fête du Travail à Athènes. A nouveau, le cycle des arrestations, interdiction etc.
Le rouge des oeillets rappelle le sang des victimes des répressions exercées lors des 1er Mai, et en particulier celui des 200 prisonniers communistes qui furent abattus par les nazis le 1er Mai 1944 au Champ de tir de Kaisariani (Athènes) en représailles de la mort d'un général allemand et de 3 de ses officiers tombés dans une embuscade que leur avait dressée la Résistance grecque, près de Sparte, fin avril 1944.
Ces hommes et femmes étaient incarcérés dans le plus grand camp de concentration des nazis en Grèce, dans la banlieue d'Athènes, à Haïdari / Χαϊδαρι. La terreur qui régnait à l'intérieur du camp visait également à terroriser la population des alentours.
Le 30 avril, la rumeur de l'exécution de 200 prisonniers pour le lendemain, commença à se répandre, mais lesquels ? Le matin du 1er mai, tous les prisonniers furent rassemblés et le commandant du camp Fischer fit l'appel des condamnés à mort, lesquels se rangèrent près des cuisines pour être conduits à Kaisariani. Ils se mirent alors à chanter l'Hymne national et le chant de l' Akronauplie devant les Allemands éberlués ετ stupéfiés. Puis ils furent embarqués par groupes de 20. Certains d'entre eux qui avaient réussi à écrire quelques mots d'adieu à leur famille sur un papier, lancèrent ces messages en chemin.
Ci-dessous, le mot laissé par le résistant Nikos Marianakis, ingénieur agronome originaire de Hania (Crète).
"Καλύτερα να πεθαίνει κανείς στον αγώνα για τη Λευθεριά, παρά να ζει σκλαβός."
"Mieux vaut mourir pour la Liberté plutôt que de vivre asservi."
Documentation, cf le site de la municipalité de Haïdari (grec et anglais) link
M.R.
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