Le Canto General
que Pablo Neruda (1904 - 1973) écrivit dans la clandestinité et publia en 1950,
est une monumentale fresque épique :
elle retrace l’histoire et la destinée - douloureuses - des peuples d’Amérique.
C’est au cours d’un voyage au Chili en 1971,
que Mikis Theodorakis - il a réussi à quitter la "Grèce des colonels"-
découvre cette œuvre et qu’il décide de la mettre en musique.
La composition de cet immense oratorio se fera en plusieurs étapes, de 1971 à 1981.
Après la chute de la junte en juillet 1974, Theodorakis rentre en Grèce et en octobre 74,
il donne, à Athènes, son premier concert en Grèce depuis 7 ans.
Ci-dessous, un extrait de ce concert "mythique" filmé par la Télévision allemande.
America Insurrecta. Chant : Petros Pandis / Πέτρος Πανδής
Ce n'est qu'en 1993, soit 20 ans après la chute d'Allende et la mort de Neruda
que Theodorakis dirigera le Canto à Santiago du Chili.
Y chanteront Petros Pandis et la chanteuse finlandaise Arja Saijonmaa
que Theodorakis avait rencontrée en 1970 à Helsinki,
lors d'une des innombrables tournées qu'il fit pendant ses années d'exil.
Les bouzoukis sont ici remplacés par des flûtes.
Video : Charriac link
Autres extraits de ce concert de Santiago du Chili.
Novembre1970, Helsinki.
En hommage à Mikis Theodorakis, Arja Sajonmaa chante, en finlandais, le premier
morceau de Romiossini, poème de Ritsos mis en musique par Theodorakis en 1966.
Puis, Theodorakis monte sur la scène, se met au piano et chante ce même morceau
en grec ... Document extrêmement émouvant .
C'est cette chanteuse et actrice, qui a fait connaître
le combat et la musique de Theodorakis dans les pays nordiques.
Video : HussoHilda link
Début de Romiossini / Ρωμιωσύνη 1945-1947. Traduction : Jacques Lacarrière.
Αυτά τα δέντρα δε βολεύονται με λιγότερο ουρανό,
αυτές οι πέτρες δε βολεϋονται κάτου από τα ξάνα βήματα,
αυτά τα προσ]όσωπα δε βολεύονται παρά μόνο στον ήλιο,
αυτές οι καρδιές δε βολεύονται παρά μόνο στο δίκιο.
Ces arbres ne peuvent se rassasier de moins de ciel,
Ces pierres ne peuvent se rassasier sous les pas étrangers,
Et ces hommes ne peuvent se rassasier que de soleil,
Et ces coeurs ne peuvent se rassasier que de justice.
M.R.
