23 septembre 2010, nous voici dans l'automne ...
Pour conjurer les pluies d'automne et les jours qui raccourcissent,
ci-dessous le poème d'Odysseas Elytis (1911-1996) du recueil Soleil Premier / Ήλιος ο πρώτος
publié en 1943 : pour conjurer les horreurs de la guerre et de l'occupation nazie ? ...
Fin 1940 - début 1941, Elytis a combattu les troupes fascistes de Mussolini lors de la guerre d'Albanie,
d'où il revient malade et profondément abattu.
Certes l'armée grecque l'a emporté,
mais Hitler est venu à la rescousse de son allié,
et le 17 avril 1941, les troupes allemandes occupent Athènes
qu'elles évacueront le 12 octobre 1944.
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Corps de l'été / Σώμα του καλοκαιριού
Voilà longtemps déjà que la dernière pluie s'est fait entendre
Παει καιρός που ακούστηκεν η τελευταία βροχή
Au-dessus des fourmis et des lézards
A présent le ciel brûle sans fin
Τώρα ο ουρανός καίει απέραντος
Les fruits teignent leurs lèvres
Les pores de la terre s'ouvrent tout doucement
Της γης οι πόροι ανοίγουνται σιγά σιγά
Et près de l'eau qui s'écoule syllabe à syllabe
Un végétal immense regarde le soleil les yeux dans les yeux !
Ένα πελώριο φυτό κοιτάει κατάματα τον ήλιο !
Qui donc est celui-là qui là-haut sur les sables gît
Ποιος είναι αυτός που κείτεται στις πάνω αμμουδιές
A la renverse fumant des feuilles d'olivier argentées et noircies
Les cigales se chauffenr dans ses oreilles
Les fourmis travaillent sur sa poitrine
Les lézards glissent sur le gazon de l'aisselle
Et entre les algues de ses poieds une vague passe légère
Distillée par la petite sirène qui chanta :
Ô corps de l'été nu brûlé
Ω σώμα του καλοκαιριού γυμνό καμένο
Mangé d'huile et de sel
Φαγωμένο από το λάδι κι από το αλάτι
Corps du roc et frisson du coeur
Σώμα του βράχου και ρίγος της καρδιάς
Grand vent dénoué de la chevelure d'osier
Μεγάλο ανέμισμα της κόμης λυγαριάς
Souffle de basilic sur le sexe bouclé
Άχνα βασιλικού πάνω από το σγουρό ςφηβαίο
Empli de petites étoiles et d'aiguilles de pin
Γεματο αστράκια και πευκοβέλονες
Corps profond nef du jour !
Σώμα βαθύ πλεούμενο της μέρας !
Surviennent des pluies silencieuses des grêles battantes
Les terres se griffent aux ongles de la neige
Qui s'assombrit dans les profondeurs en vagues sauvages
Les collines s'enfoncent dans les mamelles épaisses des nuages
Cependant que derrière tout cela tu souris insoucieux
Et retrouves ton heure immortelle
Comme le soleil te retrouve sur les sables
Comme le ciel dans ta santé nue.
Traduction : Jacques Phytilis
Texte en grec : link
De larges extraits de ce petit recueil de 25 poèmes ont été mis en musique par Giannis Markopoulos en 1967/68, sous la forme d'une cantate. Corps de l'été ci-dessous.
Video : jimakos61 link
Le lien ci-dessous, pour le plaisir d'entendre la voix de Maria Dimitriadis ( 1961 - 2009), et vous pourrez découvrir sur You Tube d'autres extraits de ce cycle. link
Sur le site suivant, vous pouvez entendre le début de chaque morceau du cycle et, si cela vous chante, acheter l'album !
Ci-dessous : interview de Markopoulos (en grec) link
M.R.
